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Entrevue avec Soungalo Coulibaly Yverdon-les-Bains Septembre 1999 

Le personnage:

Je m'appelle Soungalo Coulibaly je viens du Mali et je vis en Côte d'Ivoire depuis plus de vingt ans. Pour ma date de naissance c'est catastrophe, j'ai au moins 43 ou 44 comme ça comme âge.
Le village d'où je viens s'appelle Beleko, si tu arrives à Sekou c'est notre grande ville, après tu prend la piste et tu vas chez nous. C'est un petit village qui a grandi derrière moi depuis que j'ai quitté là-bas, ils ont construit beaucoup donc il n'est pas petit maintenant il est un peu grand.
Mes parents sont du même village de Beleko ils sont né et ils ont grandi là-bas. Mon père était paysan et aussi chef du village. Il ne cultivait pas beaucoup il était comme le maire, installé toute la journée pour attendre là-bas pour essayer de finir les problèmes qu'il y a entre les gens, il faisait que ça en ce temps là.
J'avais aussi trois grands frères cultivateurs. Mon papa, le chemin qu'il m'a montré, c'était pour aller cultiver comme les autres.
Normalement les Coulibaly ils viennent d'un seul village même si on en trouve partout au Burkina en Guinée ou au Niger. Coulibaly ça vient du Mandingue. Keïta, Konate, Ouatara, Coulibaly tout ça ce sont des races de Soundjata. Soundjata c'est un petit endroit au Mali qu'on appelle Mandingue, c'est entre le Mali et la Guinée.
La musique:
Dans mon village, quand j'était petit, il y avait beaucoup de groupes de balafons et aussi pour les dunduns, bari, yagoua. Mais c'était pas tout le temps qu'ils jouaient. Il y avait des fêtes exprès. Par exemple, quand les paysans ont fini de cultiver, tout le monde est bien content, se fait bien habiller beau pour fêter pendant une semaine.
Quand j'ai commencé la percussion, en ce temps mes frères jouaient pour les associations de jeunes filles. Elles se réunissaient pour aller aider les vieux qui ne peuvent plus cultiver. Chaque lundi et chaque vendredi, l'association choisissait pour aller aider un vieux vraiment fatigué.
Au début, j'ai beaucoup regardé. Ils jouaient une calebasse montée avec peau de chèvre: tu coupes au milieu, il y une peau dessus comme un djembé mais il y pas de vent qui sort derrière. Toute la journée tu n'as pas le droit de t'arrêter parce que tout les autres sont entrain de travailler. Toi, tu dois taper, marcher pour aller t'arrêter devant les cultivateurs avec les jeunes fille qui chantent et tapent les mains. Le concours est: tout le monde veut montrer que "je suis le plus fort" pour arriver le premier à côter des jeunes filles. L'énergie est devant déjà. Chaque personne à sa copine qui est là. Donc c'est pour montrer sa force. J'ai accompagné comme ça pendant huit ans.
Après c'était difficile de toucher d'autres instruments parce que mes frères étaient un peu méchants, si tu veux jouer tu dois aller voler pour aller taper derrière lui, s'il entend du bruit il vient te bloquer et commence à te frapper. Après c'était un peu dur pour moi j'ai commencé à prendre des petites boîtes si je le vois jouer souvent, soit je tape les pieds, soit je cherche une petite boîte, je joue ça dans la rue et chanter en même temps.
Après dix ans, j'avais fini avec tout les rythmes de base du village, et à comprendre plein de choses dedans. Un jour, le docteur installé à Beleko, voulait marier une fille. Alors il a fait venir un Djembefola d'une grande ville: Fana. Ils ont fait le mariage avec ce musicien pendant une semaine. Comme je connaissait un peu la percu, j'ai fait une semaine à regarder et voler les rythmes sur mes cuisses. C'était un étranger et pour lui, je n'étais pas capable de toucher son instrument.
Donc chaque fois quand j'allais regarder, je volais les rythmes de base pour les travailler à la maison. toutes les percus normalement ont trois sons, alors tu peut voler facilement quand tu vois quelqu'un qui joue. C'est comme ça que j'ai vu le djembé pour la première fois.
Après, avec les filles du village, on a bricolé avec les rythmes que j'ai volé, elle aussi essayaient de chanter et danser sur ma musique.
J'ai commencer par jouer trois rythmes déjà: Il y avait Soukou, le premier rythme que j'ai pris au djembéfola de Fana, le soukou ils ont beaucoup joué ça parce qu'il y avait beaucoup de chansons de mamans qui allaient avec cette musique Après j'ai volé aussi Dembadon et aussi un peu de Maracadon qui ressemble à Dembadon.

 

 

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